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Bahreïn: le Parlement expulse trois députés pour avoir critiqué la politique de sécurité du royaume 

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Abdulnabi Salman, Mahdi al-Shuwaikh et Mamdouh al-Saleh ont été démis de leurs fonctions au Parlement bahreïni jeudi après avoir critiqué publiquement les révocations de citoyenneté et les politiques de sécurité de la monarchie.

Le Parlement bahreïni a destitué trois parlementaires dans le cadre de la récente campagne de répression contre les voix dissidentes. Ces trois élus avaient publiquement critiqué la politique controversée de révocation de la citoyenneté et la politique de sécurité du royaume.

Lors d'un vote à Manama jeudi, la Chambre des représentants bahreïnie a révoqué les mandats d'Abdulnabi Salman, de Mahdi al-Shuwaikh et de Mamdouh al-Saleh après que ces derniers eurent publiquement dénoncé le gouvernement pour avoir déchu de leur citoyenneté des dizaines de Bahreïnis accusés de sympathiser avec l'Iran.

Le 27 avril, le ministère de l'Intérieur bahreïni a annoncé que le royaume avait révoqué la citoyenneté de 69 personnes et leurs familles pour avoir « exprimé leur soutien aux attaques (de représailles) iraniennes » contre des installations militaires américaines et israéliennes en Asie de l'Ouest, dans le contexte de la guerre d'agression menée contre la République islamique d’Iran.

Le ministère a alors noté que les personnes concernées avaient publié sur les réseaux sociaux des messages « glorifiant et soutenant » les mouvements de résistance régionaux.

Durant la guerre d'agression non provoquée menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui a débuté le 28 février et a duré 40 jours, les forces armées iraniennes ont bombardé à plusieurs reprises des installations militaires et des intérêts américains dans ce pays insulaire du golfe Persique à l'aide de drones et de missiles.

Le Parlement bahreïni a prétendu jeudi que l'expulsion de trois députés constituait une action constitutionnelle et légale contre leurs positions, prétendument contraires à ce qu'il considérait comme les principes nationaux et la souveraineté de l'État.

La motion d'expulsion a été approuvée à l'unanimité par les députés présents, après avoir reçu le soutien de 37 d'entre eux.

Les critiques, cependant, voient dans cette décision un nouveau signe du rétrécissement de l'espace politique à Bahreïn, où même les élus risquent des sanctions pour avoir contesté les décrets royaux ou remis en question la politique de l'État.

Ces expulsions montrent également l'intolérance croissante de Manama envers les voix de l'opposition et accentuent les inquiétudes quant à la répression de la dissidence politique dans le royaume arabe, après des années de répression des manifestations pacifiques.

Le royaume, qui persécute depuis longtemps les musulmans chiites et les militants pro-démocratie, a intensifié sa répression depuis le début de la guerre illégale menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.

L'appareil sécuritaire et judiciaire bahreïni a réprimé de jeunes manifestants sous de faux prétextes d'espionnage au profit de l'Iran, et a accusé certains d'entre eux d'être membres présumés de groupes antigouvernementaux liés à Téhéran.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV